Mystère d'Egypte

Les croyances religieuses


croix de vie ankh Les cultes croix de vie ankh

La religion égyptienne est de type polythéiste mais est, en même temps, une "monolâtrie" : chaque nome et chaque ville possédaient en effet leur propre divinité tutélaire, à laquelle ils rendaient un culte particulier.

Les croyances animistes primitives sont sans doute à l’origine de la religion égyptienne : les divinités égyptiennes n’ont en effet aucune personnalité mythologique précise comme en ont les divinités grecques, mais ce sont plutôt des incarnations de phénomènes observables dans l’univers, auxquels les Egyptiens attribuaient une puissance divine. Aussi vénéraient-ils un dieu du soleil levant (Horus) et un dieu du soleil couchant (Atoum), une déesse des moissons (Isis), une déesse de la maternité (Hathor), etc.

Cela fait que la religion égyptienne apparaît comme un ensemble extrêmement complexe et contradictoire.

Politique et religion étaient indissolublement liées : le pharaon était également le grand prêtre. C’est à lui que revenait le droit de célébrer les rites : les prêtres qui administraient les sanctuaires dans les provinces officiaient en son nom. Pour affirmer son pouvoir, le pharaon n’hésita pas à imposer des divinités d’Etat : Osiris, Horus, Ptah et Amon étaient considérés comme les dieux tutélaires du monarque.

La religiosité populaire était en revanche plus semblable à la superstition : la croyance était que les démons et les puissances magiques se nichaient un peu partout mais qu’il était possible de les manipuler par le biais d’amulettes et de prières.

Le dieu Khonsou offre au roi le symbole de la vie
Le dieu Khonsou offre au roi le symbole de la vie
Scène avec Isis et Horus
Scène avec Isis et Horus


croix de vie ankh La caste des prêtres croix de vie ankh

La tâche des prêtres égyptiens consistait non seulement à célébrer les rites en l’honneur des divinités, mais aussi à gérer les grands patrimoines des sanctuaires. Le grand prêtre du temple, le premier prophète, passait une bonne partie de son temps à la cour, confiant la gestion du sanctuaire au deuxième prophète. Celui-ci, avec l’aide du collège sacerdotal et des scribes, administrait le trésor du temple, gérait les revenus de la terre et des troupeaux, dirigeait les travaux de construction, etc.

Les sanctuaires les plus importants étaient ceux de Rê à Héliopolis, de Ptah à Memphis et d’Amon à Thèbes. Les prêtres de Thèbes acquirent tant d’importance qu’ils exercèrent, pendant la période du Nouvel Empire, un pouvoir faisant concurrence à celui des pharaons.

Les attributions du bas clergé consistaient à s’occuper du temple et de la statue du dieu, qui devait être lavée, vêtue et maquillée chaque jour. Une catégorie spéciale était celle des prêtres astrologues qui se voyaient confier l’observation des astres pour établir le calendrier liturgique.

En plus des prêtres véritables, les "ouabs", il y avait aussi des laïcs, divisés en quatre tribus, qui prêtaient service dans le temple pendant des périodes limitées, au terme desquelles ils rentraient chez eux.

A Thèbes, parmi les prêtresses, la "divine adoratrice d’Amon", chef du clergé féminin et habituellement choisie parmi l’une des filles du roi, jouait un rôle éminent.

Statue cube du prêtre Meremptah Touthmôsis III faisant une offrande Statue de la prêtresse Koromama
Statue cube du prêtre Meremptah Touthmôsis III faisant une offrande Statue de la prêtresse Koromama


croix de vie ankh Le culte des animaux croix de vie ankh

De tous les animaux vénérés dans l’ancienne Egypte, le plus sacré fut le taureau Apis. A Saqqarah, près de l’antique Memphis, Auguste Mariette a retrouvé au siècle dernier les sarcophages de vingt-quatre taureaux sacrés. Ceux-ci avaient été embaumés et leurs momies, ornées de joyaux précieux, avaient été ensevelies dans des tombes souterraines. Les animaux sacrés étaient reconnus par les prêtres selon des critères très précis : le poil blanc et une tache noire en forme de demi-lune sur le front et sur le flanc. Un seul taureau de chaque génération était considéré comme l’incarnation du dieu. Installé dans le temple, l’animal faisait l’objet d’honneurs dignes d’un roi : il était entouré d’un harem de génisses, nourri de mets précieux et montré périodiquement aux fidèles. On estimait en outre que le dieu-taureau possédait des capacités divinatoires.

Un traitement semblable était réservé au crocodile sacré du Fayoum, considéré quant à lui comme l’incarnation du dieu Sobek. L’historien grec Hérodote fait ce récit : "Ils ornent ses oreilles de pendentifs en or et en cristal et entourent ses pattes antérieures de bracelets ; ils le nourrissent avec les restes les plus délicats des sacrifices et prennent soin de lui le mieux qu’ils peuvent. A sa mort, ils l’embaument et lui consacrent une tombe".

Pour la déesse Bastet, c’est en revanche un chat qui était sacré et vénéré à Bubastis. Par contre, à Hermopolis on vénérait les ibis : toutes les espèces animales faisaient l’objet d’un culte dans une ville ou dans une autre.

Groupe sculptural représentant Ramsès II entre Amon et Mout Statuette en bois de la déesse-hippopotame Thoueris Sarcophage pour chat
Groupe sculptural représentant Ramsès II entre Amon et Mout Statuette en bois de la déesse-hippopotame Thoueris Sarcophage pour chat


croix de vie ankh Le mythe d'Osiris croix de vie ankh

Les dieux primordiaux, Geb et Nout, la terre et le ciel, engendrèrent Osiris, Seth, Isis et Néphtys. Osiris s’unit à Isis, formant un couple de divinités lié à la végétation et à la fertilité. Selon une légende, Seth, dieu du désert et des terres stériles, prit pour épouse Néphtys, qualifiée de "concubine sans utérus". Osiris monta sur le trône de son père Geb : il enseigna l’agriculture aux hommes. Seth, envieux, tua son frère et jeta son corps dans le Nil. Les flots l’emportèrent jusqu’à Byblos où Isis parvint à le retrouver et à s’unir à lui : de cette union naquit un fils, Horus.

Seth réussit à s’emparer de nouveau du corps d’Osiris et le tailla en morceaux, dispersant ses membres à travers toute l’Egypte. Isis commença alors un pèlerinage à travers l’Egypte, récupérant les morceaux du cadavre de son époux. Avec l’aide de sa sœur Néphtys, elle recomposa le corps d’Osiris, l’enveloppa de bandelettes et le rendit incorruptible par le biais de la momification. Depuis lors, Osiris règne sur l’outre-tombe où il juge les âmes des morts.

Il revint à Horus de venger son père, tuant Seth, et reprenant ainsi la maîtrise de la terre.

Le mythe d’Osiris est clairement un mythe de la végétation, qui oppose la fertilité des terres baignées par le Nil à l’aridité du désert. Ce n’est pas un hasard si les Egyptiens, avant les semailles, modelaient une statuette de boue ayant la forme du dieu Osiris, y insérant également des grains de froment destinés à germer, comme signe propitiatoire d’une récolte abondante.

Un défunt s’agenouillant près d’ Osiris Osiris
Un défunt s’agenouillant près d’ Osiris Osiris


croix de vie ankh La représentation du cosmos croix de vie ankh

Pour les Egyptiens d’autrefois, le centre du monde était la vallée du Nil. Le cours du fleuve qui donnait la vie à l’Egypte était conçu comme une sorte d’épine dorsale de la Terre. Les pays placés au-delà de la vallée du Nil étaient qualifiés de façon globale de "pays des montagnes". On estimait alors que le fleuve naissait du "Grand Océan" qui entourait la terre, Noun ; les Egyptiens appelaient le Nil "iouma", c’est-à-dire "mer".

Les prêtres d’Héliopolis avaient élaboré une cosmogonie basée sur l’Ennéade, à savoir sur un panthéon de neuf dieux principaux représentant les éléments de l’univers.

Le premier îlot de terre surgit de Noun, l’océan primitif. Le Soleil, Atoum, se leva pour la première fois sur cette terre. Noun engendra ensuite Chou et Tefnout, l’air et l’humidité. Ces derniers donnèrent vie à Geb et à Nout, le ciel et la terre, qui engendrèrent à leur tour les deux couples divins représentant la fécondité de la vallée du Nil et l’aridité du désert : Osiris et Isis, Seth et Néphtys.

Les monuments représentent Nout pliée comme un arc, tandis que Geb gît à demi étendu sous elle. Ces deux divinités sont destinées à ne jamais s’effleurer, car entre elles s’entrepose Chou, l’air. Les jambes et les bras de Nout s’identifient aux piliers qui, selon la conception des Egyptiens, soutenaient le ciel à l’est et à l’ouest. Le dos de Nout soutient les astres et la course quotidienne du Soleil.

Représentation allégorique du monde
Représentation allégorique du monde

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